PEB : ce que chaque région belge impose entre 2026 et 2050
La performance énergétique des bâtiments (PEB) est une compétence régionale. Résultat : trois régions, trois calendriers, trois logiques de sanctions. Que vous soyez acheteur ou déjà propriétaire, voici ce qu'il faut savoir pour anticiper vos obligations — et leur impact sur votre budget.
Les trois régions restent toutefois liées par un même cadre européen, la directive EPBD (Energy Performance of Buildings Directive), qui fixe l'objectif commun d'un parc immobilier plus performant.
Wallonie : une trajectoire progressive
- À partir de 2028, tout acheteur d'un logement wallon devra réaliser des travaux dans un délai de 5 ans après l'acquisition.
- Les propriétaires qui ne vendent pas ne sont pas épargnés : ils devront eux aussi améliorer progressivement leur logement.
- Aujourd'hui, environ 45 % des logements wallons disposent d'un certificat PEB. L'objectif est d'atteindre 100 % d'ici 2030, indépendamment de toute transaction.
- Côté chauffage : interdiction des nouvelles chaudières au mazout ou au charbon dans le neuf dès 2026, extension aux bâtiments assimilés au neuf et raccordables au gaz en 2027, puis interdiction totale de remplacement d'une chaudière mazout en 2031.
Fait notable : à ce jour, aucune sanction automatique n'est prévue en Wallonie en cas de non-respect du calendrier.
Bruxelles : la région la plus stricte en matière de sanctions
Bruxelles a fixé des jalons clairs :
- 2031 : tout bien résidentiel doit disposer d'un certificat PEB valide, même hors transaction.
- 2033 : les logements classés F et G doivent être rénovés.
- 2043 : tous les logements doivent atteindre au minimum un PEB D.
- 2050 : objectif PEB C pour l'ensemble du parc résidentiel.
Contrairement à la Wallonie, Bruxelles a mis en place un mécanisme de sanctions automatiques. Dès 2033, les propriétaires n'ayant pas rénové leur passoire énergétique s'exposent à des amendes calculées selon l'écart à l'objectif et la taille du bâtiment — avec un minimum de 125 €, pouvant grimper fortement pour les grands logements énergivores.
Flandre : un léger assouplissement en 2026
Depuis février 2026, le délai pour réaliser des travaux après acquisition est passé de 5 à 6 ans, et le durcissement initialement prévu pour 2028 a été supprimé. Les amendes restent toutefois substantielles : entre 500 € et 200.000 € en cas de non-respect du délai pour atteindre le label D. La Flandre demeure la région appliquant les critères les plus stricts.
Un impact direct sur la valeur du bien
Le PEB n'est plus un simple document administratif : il pèse désormais sur le prix de vente. En Flandre, une maison classée A se négocie en moyenne 18,6 % plus cher qu'une classe D, contre une décote de 10,4 % pour un label F. Un appartement classé A coûte en moyenne 16,1 % de plus qu'un logement classé D.
En Wallonie, l'écart entre une classe A et une classe D atteint environ 12 %. À Bruxelles, où les labels A restent rares, ce sont surtout les logements B qui se distinguent, avec une prime de 12,1 % par rapport à un label A.
En euros, cela représente concrètement :
- Flandre (maison A vs F) : + 93.000 €
- Bruxelles (maison B vs G) : + 90.000 €
- Wallonie (maison A vs G) : + 48.000 €
Investir dans la performance énergétique n'est donc pas seulement une question de factures mensuelles : c'est aussi une plus-value immédiate à la revente.
Sources : Certinergie, Immoweb
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